17 mars 2007

Ancestor crime ou l’histoire d’un safari improbable (#1/2)

Les vrombissements de moteurs remplissaient le hangar. Gavrix, tremblant d’effroi, était tapie sous la tribune et attrapait les chips qui lui tombaient dessus d’entre les marches. La vision qui s’offrait à ses yeux à travers la fente de l’escalier était monstrueuse. Gavrix venait seulement de réaliser la portée de ce qui se passait dans l’arène.

Dans quelle farce Gavrix était-elle tombée ? Mais, revenons au début pour suivre cette histoire pas à pas. Dans sa jeunesse, Gavrix avait été élevée dans un monde féerique, dépourvu de tout souci. Son imagination débordante la distrayait énormément, ce qui eut pour résultat de lui permettre de traverser cette étape de sa vie sans s’appesantir sur des questions existentielles inutiles. Gavrix accompagnait sa maman chez ses amies, où elles discutaient en prenant une tasse de thé et des crackers salés, puis chez le coiffeur où on lui offrait généralement un petit chocolat. Son existence était paisible et on lui avait bien appris à être polie avec les personnes âgées. Gavrix savait qu’il fallait céder sa place aux vieilles personnes dans les transports en commun et les laisser passer dans les files d’attentes. Ses ancêtres devaient être respectés et vénérés pour leur sagesse.

Puis Gavrix grandit et fit son entrée triomphante dans ce que l’on appelle la « vie active ». Parée de sa politesse, elle brandit son assurance nouvelle face aux défis de l’existence et trouva sa place au sein de la société. Désormais « installée », elle jouait à la grande dame. Tout allait pour le mieux ? Presque… Car même sa béatitude ordinaire ne put la rendre aveugle à quelques, comment dire, dysfonctionnements qu’elle avait de plus en plus tendance à remarquer ici et là. Pas une prise de conscience nette, mais une inquiétude épouvantable qui tissait sa toile dans le cœur de Gavrix. Certes, elle avait déjà remarqué la difficulté pour les congénères de son âge à être pris au sérieux. Leurs diplômes ronflants n’empêchant en rien les nouveaux maîtres de leur existence, les pourvoyeurs d’emploi, de les critiquer sévèrement pour leur analphabétisme. Leurs appétits d’apparence pouvant difficilement être satisfaits par l’offre abondant dans le commerce, trop démodée. Enfin, leur pitance salariale étant ponctionnée de prélèvements mystérieux, dont personne ne connaissait la destination finale. En résumé, Gavrix commençait à être habitée d’un doute inquiétant.

Et puis un jour, Gavrix tomba sur une inscription mystérieuse dans l’agenda de la vieille patronne du café où Gavrix habituellement dévorait des beignets. (Inscription aperçue par hasard). « Nourrir le basset et se tenir prête pour 23h ce soir, YS ». Sa curiosité piquée et son ennui dissipé, Gavrix décida de suivre cette dame.

Voilà Gavrix dissimulée dans un forsythia à la nuit tombante, devant l’immeuble de la cafetière. Elle entendit des aboiements de basset au troisième étage qui la firent frémir. Elle espérait qu’il ne serait pas venu à l’idée de la patronne d’amener le chien avec elle. Le sens de l’aventure de Gavrix encore tout aiguisé la faisait trépider. Encore quelques aboiements, puis plus rien. Les lumières à l’étage s’éteignirent et voici notre dame descendue. On apercevait un treillis de combat sous son imperméable et elle portait une housse de tennis. Elle mena Gavrix vers un immense hangar.


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3 commentaires:

Anonyme a dit…

La festoyance des troubadours et des chips. L'inventivité du basset, j'attends la suite avec d'impatients vrombissements.

chris a dit…

Mon petit bonjour en ce lundi !Merci pour ton passage et pour ton vote chez moi ! Eh oui une nouvelle semaine commence ! allez ne pleure pas ! je te promet que le w-end va revenir !De toute façon je ne sais chez toi, mais ici ce n'est pas vraiment le beau temps aujourd'hui ni dans les prochains jours, le froid pointe a nouveau son nez, avec chute de neige, et des températures négatives demain ma région se trouve en zone orange pour cela ! donc aujourd'hui c'est +5 enneigés que je place sur ton blog ! au fait ! je suppose que vous vous êtes tous demandés au moins une fois dans votre vie comment se déplace la flèche de la souris. Qu'est-ce qui fait qu'elle se déplace sur l'écran? Et bien voici la réponse: http://www.1-click.jp/je te souhaite une très bonne journée ! Cordialement Chris .

Gavrix a dit…

Gavrix prépare la suite afin que Anonyme puisse ripailler de plaisir et chris le mystérieux tromper son ennui.