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2 juil. 2007

Dis papa, c'est quoi ce logo?

Si vous suivez le championnat du monde de moto GP, ce merveilleux logo A-Style n’a pas pu vous échapper. Sa couleur vibrante vous a certainement vrillé la rétine pendant un moment. Prenant le signe en otage, la marque a détourné cette lettre innocente en quelque chose de … singulier. Le décryptage est sans ambiguïté et finit par résonner dans l’inconscient tel le réveil un dimanche matin.

La marque de t-shirts et accessoires A-style est sponsor officiel du championnat du monde de moto. Les organisateurs ont du certainement oublier de regarder le logo, ou alors se laisser bercer par des balivernes que les heureux parents pourront ressortir à leurs enfants quand ils les harcèleront de questions à propos de la chose. Ils pourront alors leur rétorquer en toute innocence.

- Tu vois, le petit personnage du haut fait un massage au personnage d’en bas, qui se sent fatigué !
Ou alors…

- Mon lapin, tu vois bien, le personnage est tombé par terre et son ami l’aide à se relever...
Ou encore un prosaïque…

- C’est papa et maman qui jouent à saute-mouton!
Bref, les parents pourront s'amuser en déployant pleinement leur créativité. Après s'être déchaînés afin de préserver la candeur de leur enfant, ils verront celui-ci les regarder avec un soupir consterné en les traitant de naïfs, car il a peut-être déjà appris l'histoire par ses copains de récré.

Pour les connaisseurs de moto, est-ce une plaisanterie de Valentino Rossi qui à chaque victoire nous gratifie de ses facéties? N'est-il pas d'ailleurs appelé El Doctor dans le milieu...

C’était un grommellement de Gavrix

Logo via la copie d'écran du site officiel A-Style

17 juin 2007

Soyez rassurés avec ces nouvelles publicités!

Cher lectorat, Gavrix s’est dit qu’un petit grommellement s’imposait. Une fois de plus, visionnant en toute innocence sa petite lucarne, Gavrix tomba par hasard sur deux œuvres de l’artisanat publicitaire dont il fallait absolument parler dans Groins et Noeuds.

Cette fois-ci, nos annonceurs, aidés de leurs publicitaires, se sont attaqués à deux thèmes fondamentaux de l’existence humaine. Il s’agit de la vie et de la mort, ou plus précisément de la naissance et du décès.

Commençons par le décès avec la dernière campagne pour le contrat prévoyance Gan (visible à cette adresse ). Gavrix regardait les réclames défiler quand débuta un charmant film d'animation avec musique enjouée, couleurs débordantes, cercueils, fusées et avions. Au bout d’un moment Gavrix comprit qu’il ne s’agissait pas d’une œuvre de fiction pour enfants mais bien d’une publicité pour un contrat de prévoyance (en clair, une assurance décès) qui montrait comment un pauvre monsieur qui n’a pas pu suffisamment profiter de la vie a pu garantir le financement de l’éducation de ses enfants après son décès. On se demande d’ailleurs s’il n’a pas arrangé son décès, tellement tout le monde semble content de l’issue de l’histoire.

Après écoute attentive, on s’aperçoit que le décès n'est pas arrangé :

« Je suis mort ce matin ! » (Tiens, cette réplique me rappelle thanatorama)
« Ca, c’était pas prévu… » Ahhh, nous voilà rassurés!!! Parce que Gavrix commençait à croire que c’était la nouvelle solution pour assurer la subsistance de sa famille dans ce monde cruel. Sincèrement, on félicite les concepteurs de la campagne d’avoir trouvé un moyen de dédramatiser le décès. Mais cela ne change rien au fait qu’un décès est dramatique.

Enfin, le consommateur est rassuré et c’est l’essentiel.

Ensuite, encore sous le coup de l’émotion, Gavrix tombe sur une nouvelle merveille de la réclame où l’on voit quantité de génitrices épanouies à travers le monde s’acheminer vers l’hôpital afin de donner la vie à de merveilleux bambins hilares. Mais pourquoi rient-ils ? Médecins, infirmières et parents semblent étonnés. (Nous aussi, il comprendra plus tard ce qui l’attend.) Puis superbe conclusion : « Vous allez aimer l’avenir, nous y croyons. Mieux, nous y travaillons. »



Vous allez aimer l'avenir - PUB SUEZ
envoyé par mado88


C’est merveilleux et poétique, on se croirait au cinéma. Effectivement John Seale, oscar de la meilleure photographie pour « Le patient anglais » y a collaboré. La musique de « Little Miss Sunshine » a été ajoutée. On voit que l’annonceur s’est donné les moyens.

N’est il pas formidable qu’un grand spécialiste de marchés publics et de grands chantiers utilise la matière humaine comme matériau de base pour la construction de sa communication (remarquez, Groins et nœuds en a déjà parlé )? L’univers typiquement masculin de Suez est ici marié à l’univers féminin de la parturition, pour donner une impressionnante vision du développement durable. Le mariage peut en déranger certains, mais, après tout, la musique est jolie. Et puis la vision de Suez en sauveur de l’humanité est lyrique, voilà qui est rassurant.

Ce qui rassure est bien. Le chaland aime les messages rassurants. La vie est belle ! Et si on prenait un nouveau crédit

PS: Groins et Noeuds est conscient que le décryptage de publicités françaises peut ne pas intéresser le lectorat canadien, belge ou suisse. Gavrix vous invite chaleureusement à soumettre à grommellements les publicités de vos pays. Si matière à grommellement il y a, Gavrix en parlera!

Ils en parlent:
Les assureurs peuvent-ils parler de tout?
Pub Gan Assurance prévoyance
Vous allez aimer la pub!

8 juin 2007

Talents à la pelle?

Ces derniers temps, il semblerait que les concours de talents pullulent sur Internet. Au gré des nouvelles inventions des sites initiateurs de concours, des hordes de jeunes gens créatifs se précipitent sur les défis qui leur sont proposés dans le but de proclamer leur génie au monde entier.

Prenons l’exemple des trois derniers concours ayant récemment attiré l’attention de Gavrix. Wat The Fuck (vous ne rêvez pas, c’est bien le titre du concours) cible les musiciens en herbe et propose de gagner un contrat avec la maison de production EMI. Du côté de Blogauteurs et la maison d’édition Plon, il s’agit de dénicher le futur écrivain à succès chez les blogueurs. Pas de contrat à la clé chez Blog Bang, mais la possibilité de devenir célèbre en tant que créatif publicitaire en concevant la publicité d’inauguration de «la plateforme publicitaire qui donne la liberté aux internautes de s’exprimer et de créer des messages publicitaires sur les marques qu’ils aiment». (Je ne sais pas vous, mais j’ai toujours rêvé d’une telle plateforme).

Les slogans sont aguicheurs, les animateurs se veulent convaincants. Sur WAT on nous annonce ainsi «La plus grande opération de détection de talents de toute l’histoire du Net». Sur Blog Bang, on est plus direct : «Be Famous, Make Money» (imaginez, le gagnant du premier concours remportera un MacBook Pro 17’’, le début de la fortune). Et, bien sûr, les sites affichent une ambiance groove, jeune, branchée, tentant de redonner du glamour à des industries sclérosées.

Sincèrement, quel sentiment génèrent ses concours?

L’impression d’observer une industrie en crise qui ne fait plus rêver, ne crée plus, mais ne veut pas pour autant céder le pouvoir à l’artiste. Mais, dans le message envoyé par le biais des concours, les rôles sont inversés. Les créatifs apparaissent comme demandeurs et les diverses maisons de production comme les pourvoyeurs bénis de contrats. Le message peut également donner le sentiment d’une dépréciation des talents sous l’effet volume. En effet, les talents abondent, à tel point qu’il suffit de lancer des concours pour cueillir des jeunes créatifs soi-disant naïfs et affamés.

Tout ceci occulte l’aspect de la création qui réside toujours et avant tout dans le travail et la durée. C’est cet aspect qui assigne une valeur marchande à la prestation du créatif que les maisons de production s’efforcent d’oublier. Ici, les talents se découvrent, gratuitement, tels des champignons ayant poussé après la pluie. Dans la vraie vie, un jeune qui est parvenu au stade de la maquette/tapuscrit a déjà longuement travaillé pour trouver sa voie artistique, définir son style et achever sa première œuvre. En réalité la part de talent est souvent moindre que celle du travail.

Et que se passe-t-il du côté des jeunes concurrents créatifs?

A la différence d’une prospection traditionnelle (envoi de maquettes, de tapuscrits, de books) qui respecte la relation bilatérale entre le créatif et le producteur, les concours projettent l’artiste dans la masse de ses semblables et annihilent toute individualisation. Pas de rapport privilégié avec l’interlocuteur, pas d’appréciation absolue sur les qualités de l’œuvre… Les concours favorisent la comparaison et les appréciations relatives. Pour un artiste se sentant par nature unique, cette plongée dans la masse peut déstabiliser.

Les intentions des initiateurs de concours apparaissent obscures. Certains cherchent à générer du trafic et des revenus publicitaires sur leur site. D’autres à créer un buzz médiatique… La plupart tentent de surfer sur la vague «vu sur MySpace» ou «vu sur Internet», pour éviter d’être dépassés par la montée de l’autopromotion artistique, mettant sérieusement en péril la suprématie des producteurs. Alors on plante des décors illusoires, on flatte l’ego et on empoche. Tiens, ça fait penser à la fête foraine dans Pinocchio…

Grommellements.

Photos par ordre d'apparition: é pá par antosousa, dig this! par Andreas Rheinhold, Shovel par Scott Foy toutes trois sous licence Creative Commons

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28 mai 2007

Formules et miroir sur le web 2.0

Alors que le blogueur moyen blogue tranquillement sans déranger personne, il semblerait que le concept du web 2.0 (terme dépassé, ô horreur, à ne plus utiliser) démange sérieusement la presse classique. Elle ose à ce titre des incursions dans le monde dangereux de la blogosphère pour en ramener quelques clichés colorés.

Cette fois-ci c’est 20 Minutes qui fait consciencieusement ses devoirs en publiant un supplément sur le web2.0 (vu chez pointblog) dans lequel quelques pages sont consacrées aux blogs.

La lecture du supplément réjouira l’amateur de formules ampoulées qui en trouvera un bel échantillon, annonçant comme la fin du monde: « La blogmania retombe à plat » et « L’avenir du blog, ce n’est pas le blog ! ». Blogueurs, stoppez tout ! Tant pis si l’internaute lambda vient seulement de maîtriser l’utilisation d’un moteur de recherche, vous êtes déjà dépassés.

Ensuite, blogueurs, on vous tend un miroir grâce à une classification de blogs particulièrement cocasse (p.6). Blogs ultraspécialisés et blogs à petites infos exclusives, vous méritez le respect! Par contre, si vous avez choisi l’ego trip, on vous annonce qu’à défaut de drôle, vous risquez d’être pathétique. Quant aux artistes, vos blogs hébergent des essais infructueux (parce que non publiés ?) et des brouillons, mais vous restez plaisants car vous aimez l’échange. Enfin, les « je sais tout », vous semblez particulièrement irriter l’auteur.

Malheur donc à l’hybride ultraspécialisé, « ego-trippant » qui sait tout et offre des petites exclus!

On finit pas se demander ce qui dérange tant le journaliste professionnel chez ces passionnés qui ont décidé de partager leur savoir, leur vision du monde, ou tout simplement leur quotidien. Est-ce parce qu’ils s’écartent du schéma descendant et unilatéral des médias traditionnels et osent la discussion ? Ou serait-ce parce que eux, blogueurs, n’ont pas de rédacteur en chef sur le dos ? On se le demande…

De mon côté, j’ai fait une ballade très agréable du côté du blog de Gérard Larnac. Joli passage dans Ecriture, mieux que "Littérature" : «le moindre geste d’écrire, lorsqu’il est juste, est bien plus haut que la vie humaine de celui qui écrit». Il reste à espérer que notre geste soit juste. Il reste à attendre que les blogs nous ouvrent une percée nouvelle dans la littérature...

Grommellements

Photo par tashland sous licence Creative Commons

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8 mai 2007

Mouches et peaux-rouges: Gavrix face aux délires des publicitares

En me baladant aujourd’hui, je me retrouve nez-à-papier avec une magnifique affiche, véritable délire publicitaire d’un stagiaire pubeux et obsessionnel. Cette vision m’ayant paralysé sur le moment, j’en reste bouche bée et ne manifeste aucune réaction perceptible, à part une surprise intérieure. Ai-je réellement vu ce que j’ai vu ?

Plus tard dans la journée, au gré d’une immersion fortuite dans la presse française, je revois cette fameuse publicité. Une créature ahurie me toise avec son œil aguicheur, sa splendide tignasse jaune paille et un magnifique tatouage représentant un vieux monsieur aux intentions troubles. A cet instant, je crois toujours qu’il s’agit d’une publicité pour une cure de désintoxication, un service d’escort-girls ou un service de psychiatrie. Jusqu’à ce que j’aperçoive le logo d’une franchise de coiffure connue. Des éléments de compréhension se mettent alors peu à peu en place dans mon esprit.

Le concepteur de l’affiche a manifestement souhaité offrir une métaphore visuelle sur le thème « Franck Provost, je l’ai dans la peau ». Cette interprétation maladroite et très directe du brief créatif suscite comme un malaise chez les consommateurs passifs que nous sommes. L’effet tatouage de camionneur sur délicate épaule dénudée fait frissonner. Un coup d’œil au slogan « coiffeur officiel des femmes » met en marche mon imagination débridée. J’imagine Franck Provost avec un fer chauffé à blanc, marquant de pauvres femmes alignées en rang, qui chassent les mouches à coup de chevelure. « Marquage officiel de bétail ». Puis, je l’entends susurrer des incantations à l’oreille des victimes assommées : « Tu n’iras point voir Jacques (Dessange) ou Jean-Louis (David). Désormais tu m’appartiens. »

A propos de mouches, il semblerait que l'invasion provienne de l'agence créative, puisqu’on se demande laquelle d’entre elles a piqué non seulement le stagiaire, mais aussi le directeur artistique, le graphiste et le client. Soupirs….

Sinon, continuant mon incursion ponctuelle dans le monde des médias, je zappote tranquillement lorsque je tombe sur les Guignols de l’info sur Canal+. Apparaît à la fin du générique, un mini-spot de Keljob.com, site de recherche d’emploi et sponsor du programme. L’ayant vu d’un œil distrait, je vais m’efforcer d’en résumer la substance, sachant qu’il était question de profiter du thème de l’élection présidentielle et de l’usage possible du mot candidat. La description. Des figurines humanoïdes représentant des candidats à l’embauche se détachent en ombres chinoises sur un fond vert. Une à une, elles sont rabattues telles des cibles d’un stand de tir. L’avant dernière préfère s’enfuir avant de d'être éliminée, laissant la dernière figurine triomphante représentant certainement le candidat retenu pour un job potentiel. L’ensemble étant chapeauté par un iroquois, logo de Keljob.com.

Ai beaucoup apprécié cette vision guerrière de la sélection à distance. Je dis bravo et me demande combien a exigé Tarantino pour concevoir ce chef d'oeuvre de l'animation. Cette violence ironique sied à merveille à un portail de l’emploi.

A bientôt pour de nouveaux grommellements.

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6 avr. 2007

Avez-vous aimé "Le Prix à payer" ?

Il est de ces soirs malheureux où la programmation de votre salle de ciné ne vous laisse guère le choix et vous vous rabattez sur ce que vous pensiez être une valeur sûre : la comédie française. Hier était donc un de ces fameux soirs. Me retrouvant devant des affiches peu engageantes, je décide de voir « Le Prix à payer », me disant que la brochette d’acteurs réunis allait me donner raison. Grave erreur !

Dans « Le Prix à payer », Christian Clavier interprète un homme d’affaires bouffi et pansu en manque de tendresse de la part de son épouse pimpante, interprétée par Nathalie Baye. Son chauffeur (Gérard Lanvin), se trouve dans une situation similaire car sa compagne le délaisse pour se consacrer à sa nouvelle passion, l’écriture. Ecoutant les conseils avisés de son chauffeur, l’homme d’affaires décide de couper les vivres de son épouse, avec toute l’authenticité d’une réplique poétique : « pas de cul, pas de fric ». De son côté, le chauffeur, moins aisé mais tout aussi misogyne, menace d’expulser sa compagne si elle ne lui accorde pas plus de faveurs. Tel est le scénario de ce film, mi-drame, mi film d’horreur. (Si, si, j’ai fermé les yeux lors des scènes de préliminaires de Nathalie Baye en prostituée occasionnelle et son amant au corps flasque). En effet, on comprend très vite que la détente et le rire ne seront pas au rendez-vous. Le scénario ne brille pas par sa finesse et débite des dialogues à coups de hache grossiers. Le résultat est un tableau social simpliste et vulgaire.

Mais ma déception a été encore plus grande quand j’ai appris que c’était bel et bien une femme qui avait réalisé cette chose. Alexandra Leclère a visiblement décidé de suivre les traces de Despentes dans King Kong théorie et porter le thème de l’argent dans les rapports de couple à l’écran. Belle initiative mais on lui reproche de manquer de subtilité, surtout dans le contexte actuel d’instabilité économique, y compris chez les classes moyennes et supérieures.

En résumé, j’ai décidé d’arrêter le cinéma pour quelque temps pour me reporter sur des divertissements plus construits.




Grommellements,

Gavrix

3 avr. 2007

Do you create?

Cette fois-ci il est question de créativité… Les enfants considèrent la chose comme une activité spontanée et évidente et dessinent abondamment ce qu’ils voient. Le barbouillage relève chez eux d’une loi mécanique : impression engendre expression. Dans son activité, du moins au début de son parcours artistique, le bambin ne connaît aucun frein, aucune entrave. Il dessine ce qu’il perçoit et tente de le représenter. Ainsi, sur mes dessins d’enfants j’affublais ma maman avec délectation d’un casque impressionnant de boucles très Art Nouveau, pour son plus grand ravissement.

Avec le temps, l’humanoïde perd cette faculté à s’exprimer par le dessin (coloriage, graphisme, photo, vidéo) sans se censurer. Le paroxysme de créativité est alors atteint lorsqu’on insère un émoticone dans un e-mail. Est-ce parce l’être humain enregistre progressivement de moins en moins d’impressions ou est-ce parce qu’il ne ressent plus le besoin de les exprimer ? Dans cette hypothèse, où se déverse donc le flot d’informations ?

J’ai lu quelque part qu’il était conseillé aux personnes exerçant un métier créatif de pratiquer quotidiennement une activité simple et ludique, comme le coloriage. Voici un prétexte fabuleux pour tous les « non créatifs » pour revenir en enfance le temps d’un trajet ou d’une réunion (en témoigne le succès récent du « Cahier de gribouillages pour les adultes qui s’ennuient au bureau » au titre furieusement « démagogique »).

Heureusement, les moyens d’expression se sont diversifiés et l’homme n’est plus condamné à gribouiller frénétiquement dans son coin. Il est désormais possible à l’internaute assidu de partager ses créations avec le monde entier et transformer son activité personnelle en activité sociale.

Il reste à retrouver le regard d’enfant…

Grommellements,

Gavrix

11 mars 2007

Inland Empire: vaudeville monstrueux ou simple film expérimental?

Et voila ! Gavrix s’est enfin décidée à aller voir Inland Empire de David Lynch. Pourquoi un tel retard alors que le film est sorti il y a plus d’un mois, direz-vous ? Et bien, figurez-vous que trouver trois heures de disponibles dans un agenda de blogueur n’est pas chose aisée. Mais, sachant que la dernière œuvre cinématographique de Lynch perdrait de son attrait en DVD, Gavrix s’est armée de courage et a franchi glorieusement les portes du cinéma. Notons au passage qu’en ramenant le prix du ticket de cinéma à l’heure, ce film s’avère être une véritable affaire.

Voilà Gavrix armée de son cornet de pop-corn installée dans la salle, prête à savourer ce film innovant et différent (nous avait-on promis). Premier constat, la première heure du film ne se prête pas à une consommation de pop-corn. Trop de temps morts, trop de silences. Le film démarre effectivement en douceur, l’histoire s’installe, les choses sont assez claires. Il est question d’une actrice, incarnée par Laura Dern, qui décroche un rôle dans un remake de film, qui n’a jamais pu être tourné auparavant car les deux acteurs principaux ont été assassinés pendant le tournage. On apprend également que l’actrice a des rapports particuliers avec son mari. A ce stade, je vous ai tout raconté car la suite du film (les deux heures suivantes) part dans un délire tortueux, dans lequel les scènes s’enchaînent, assemblés par un vague lien visuel, très souvent représenté par une porte. En gros, lorsque Nikki (Laura Dern) passe une porte et la referme, elle se retrouve dans un nouvel univers. Inland Empire prend la forme d’un labyrinthe sinueux introverti truffé de portraits de femmes (dont Laura Dern interprète plusieurs), jouant sur des décalages spatio-temporels. On se laisse facilement absorber par cette procession de scènes jusqu’à la fin du film. Sur le blog officiel du film, on apprend que les scènes ont été tournées au jour le jour. Lynch mettait en scène ses idées au fur et à mesure, pour les lier entre elles à la fin. Le tournage s’est ainsi déroulé de manière sporadique sur trois ans. Au final, c’est bien ce que l’on ressent, le résultat est exactement conforme au processus… Le spectateur voit un assemblage de scènes. L’ensemble est peu cohérent et déçoit de la part du réalisateur de « Mulholland Drive ». D’ailleurs, le jeu des acteurs semble en avoir souffert. Ils apparaissent hagards, déstabilisés, inquiets et n’arrivent pas à enrichir leur palette d’interprétation.

Qu’en est il des images ? Le blog officiel nous apprend que David Lynch s’est vraiment amusé en découvrant la vidéo numérique. Dés lors, Gavrix s’est naïvement attendu à vivre une expérience visuelle novatrice, un bouleversement de la perception et une révolution du cinéma. En réalité, le film était un concentré d’images floues, surexposées, tremblantes et mal cadrées. Assurément, David Lynch s’est refusé de tourner en HD. D’après lui, le futur du cinéma se trouve sur l’Ipod et les vidéos en ligne. Il en a logiquement conclu que la haute définition n’était pas indispensable. A l’exception près que son film est diffusé dans les cinémas traditionnels et que nos pauvres rétines sont bien obligées d’encaisser le choc en temps réel.

Bon, Gavrix s’est habituée aux images en se disant que les effets visuels stupéfiants qui suivraient allaient la récompenser pour ses souffrances. La aussi, elle a été déçue. Lynch a peut être vaguement utilisé un effet fish eye (en réalité il a simplement filmé les acteurs en très gros plan), quelques surexpositions insupportables et c’est tout. Pas d’accélérations, pas de distorsions, pas d’images de synthèse. La génération « MTV-Youtube » reste sur sa faim. Les quelques emprunts aux films d’horreur font sourire et les scènes de violence sont conventionnelles.

Enfin, celui qui a vu Mulholland Drive se souviendra de la sensualité avec laquelle le réalisateur avait su dépeindre ses héroïnes. Ses portraits étaient de véritables chef-d’œuvres du cinéma. Dans Inland Empire, les femmes sont laides et vulgaires. La vision d’une Laura Dern en gros plan, au rouge à lèvre baveux, boutons et rides exposés est purement angoissante. Les images de jeunes prostituées, dont l’une nous étale son sein dénudé complètement hors de propos, sont peu ragoûtantes. Alors vaudeville monstrueux ou film expérimental?

Au bout de trois heures, Gavrix est ressortie de la salle chancelant de fatigue (impossible de dormir en douce à cause du crépitement d’images surexposées sur fond de petits cris stridents) et se demandant s’il y avait encore un espoir de voir émerger des films créatifs et innovants. Que le lecteur ne se méprenne pas, Inland Empire est intéressant et Gavrix adore les intrigues sinueuses. Mais là où David Lynch prétend bouleverser le milieu du cinéma, Gavrix ne voit qu’une tentative ratée de promouvoir le film d’auteur.

Grommellements

Gavrix

25 févr. 2007

César et grommellements

Hier soir eut lieu la traditionnelle cérémonie de remise des César, consacrant en France les meilleurs films et artistes du cinéma pour l’année qui vient de s’écouler. Etant donné qu’un sacrifice humain était nécessaire pour visionner cette cérémonie, Gavrix s’y colla avec tout l’enthousiasme du reporter blogueur (installé confortablement devant le petit écran), afin de vous relater l’ambiance qui régnait lors de ces réjouissances cinématographiques.

Pour commencer, Canal nous proposa des interviews préliminaires de célébrités cueillies sauvagement à la sortie du tapis rouge. Nous eûmes donc droit à des acteurs masquant maladroitement leur appréhension, derrière des airs de décontraction condescendante (tels Jean Dupotager et Jamel Defiente). Gavrix aurait préféré écouter ces entretiens passionnants en voix-off et savourer pendant ce temps les arrivées des stars. Apparemment, certains chanceux parvenaient à fuir astucieusement les caméras de Canal et rejoindre la salle sans essuyer les questions farceuses de l’interviewer.

Une fois installés, nos saltimbanques offrirent leurs mines déconfites aux caméramans intermittents du spectacle, que la production avait placés aux endroits stratégiques afin de rembourser aux acteurs leur contraventions (et oui, sacré Dany Toon, quel sketch hilarant). Les mines starifiées exhibaient donc leur joie de vivre, manifestement contents de faire partie du spectacle. Une Valérie Lequincailler anormalement anorexique fut chargée de présenter la soirée. Gavrix appréciât d’ailleurs sa prestation courageuse, notamment lorsqu’elle exécuta merveilleusement la chorégraphie de Rabbi Jacob. Quelle dévotion, quel professionnalisme, bravo Valérie !

Pendant que nos professionnels du divertissement dépressifs comptaient les minutes qui les séparaient de la fin, Jude Rule, lui, ne perdait pas une miette du spectacle. En effet, le milieu du cinéma français avait décidé de le consacrer cette année pour l’ensemble de sa carrière (honneur nécessaire apparemment car Gavrix ignorait que Jude avait tourné dans plus de 30 films déjà).

Quelle surprise de le voir ensuite déclamer son discours en français très correct. Apercevant les visages désorientés de l’assemblée, il se sentit obligé d’annoncer que ses parents habitaient en France. Et cette chère Valérie qui s’était amusée à faire des gags avec le prénom de Jude ! A la fin du discours, Jude ne manqua pas de nous féliciter pour notre culture et nos « vins de la vallée de la Loire », ce dont nous lui avons été reconnaissants.

Mais alors que je commençais à m’endormir devant ma télé, un gentil monsieur vint dérider toute la salle en exécutant des gestes ambigus sur la statuette qu’il venait de recevoir pour le César du Meilleur film étranger. Nos saltimbanques ayant saisi toute la finesse du geste, rirent abondamment et nous montrèrent enfin qu’ils étaient bien présents depuis le début, attentifs à tout ce qui se passait dans la salle.

A ce stade, je pleurais d’émotion face à tant de conscience artistique et de saine gaîté venant de personnes sensibles et passionnées. Ils étaient tellement impatients de connaître le lauréat du César du Meilleur Film, que la production décida d’accélérer le processus. Les célébrités convoquées pour annoncer les gagnants enchaînèrent désormais deux César au lieu d’un.

Finalement, Groins et nœuds apprit que principalement cinq films furent projetés dans les salles françaises durant l’année (Lady Chatterley, Ne le dis à personne, Les indigènes, Cœurs et Quand j’étais chanteur). C’est donc le mouchoir trempé de larmes que je compris que je n’avais rien compris à la grandeur du cinéma français.

Gavrix espère avoir traduit fidèlement l'atmosphère de cette soirée. Quant aux résultats, je vous renvoie au site officiel. Si je devais décerner le César du meilleur remerciement, il serait pour la lauréate du César du meilleur costume. Une intervention toute laconique, qui avait le mérite d’être modeste : elle remerciait simplement les personnes qui avaient travaillé avec elle sur les costumes, et non pas, comme certains, leur arrière grand-père et le mari de leur coiffeuse qui avaient éveillé en eux leur vocation artistique.

Enfin, je me permets de décerner mon César personnel au meilleur film de l’année : « Enfermés dehors » d’Albert Dupontel.

Grommellements.
Gavrix

28 janv. 2007

Le sens du partage par les publicitaires

Une fois n’est pas coutume, nous allons naviguer sur les flots périlleux du commerce. Ou plutôt de la réclame. Car il faut l’admettre, aujourd’hui les créatifs les plus talentueux se mettent au service des publicitaires pour aboutir parfois à de véritables œuvres. Il suffit de mentionner le spot récent d’Orange, mettant en scène des nageurs barbotant dans l’eau parmi les fleurs au son d’une musique féerique. (Si vous connaissez le nom du réalisateur, je vous serai reconnaissante de le partager).

Dans ce qui suit, il ne s'agit pas de talent, mais de maladresse.
Notre héros est un grand groupe de construction français, qui a lancé un charmant spot publicitaire à la fin de l’année 2006. Ce film met en scène un groupe béat de cadres et d’employés dynamiques qui se précipitent pour prendre place dans des pyramides humaines qui s’érigent pour finalement former un viaduc. Le slogan final prône vaguement un partage.

Il est tout à fait amusant d’observer un sacrifice humain, dont la mise en scène fait penser aux grands chantiers pharaoniques, pour décrire l’humanité du groupe. On ose enfin affirmer que l’homme est devenu une matière première basique, non différenciée et interchangeable. Ces scènes m’ont également fait penser à une colonie de fourmis, telles qu’on les voit dans les reportages animaliers : fourmis ouvrières formant un pont vivant pour laisser passer les fourmis guerrières ainsi que les nourrices transportant la progéniture. C’est un très beau tableau de la société humaine qui nous a été offert.

11 janv. 2007

Toiles arrosées et grommellements

Youpi! Gavrix exulte. Gavrix s'ébroue gaillardement en émettant des grommellements d'impatience. Gavrix pourra désormais arroser la toile de ses commentaires délectables et tant attendus. Bien sûr, en surfeur affûté Gavrix fait partie des pionniers….

Ohé … ohéeee, héee, éeee, éeee, ée…. Satané écho ! Il semblerait qu’il n’y a donc personne par ici.

Revenons à la réalité. Ceci est mon premier billet et je suis ravie d’apparaître sur la toile de fond de ce grand créateur collaboratif, qu’est le web 2.0. Je suis friande de ce qui se crée, j’aime l’art et l’état d’esprit inspiré au quotidien. J’ai le sentiment que ce blog évoluera malgré moi, échappera à mon contrôle et se révoltera contre mon autorité vis-à-vis de son échine. … ou n’évoluera point….

En attendant, bienvenue aux heureux égarés qui accosteraient sur son rivage l’instant d’une débonnaire lecture.